L'état finance Microsoft et recommande le libre : cherchez l'erreur
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L'état finance Microsoft et recommande le libre : cherchez l'erreur

LeCollectif
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Selon Mediapart (7 mars 2026), l’éducation nationale a confirme la prolongation de son accord-cadre avec Microsoft jusqu’en 2029. Le montant : 152 millions d’euros hors taxes. Les postes concernés : près d’un million. Le détail qui interpelle : ce même ministère recommande officiellement de ne plus utiliser les services du geant américain.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais

La contradiction est documentée. La direction du numérique pour l’éducation (DNE) a envoye aux recteurs, le 28 février 2025, une note proscrivant le déploiement de suites logicielles non européennes dans les academies. La DINUM ecrivait des 2021 que l’utilisation de Microsoft « n’est pas conforme a la doctrine Cloud au centre » de l’état. Et pourtant, le contrat est renouvele. Sans alternative sérieuse envisagee.

L’argument du ministère : c’était un renouvellement, il n’y avait pas le choix. Comme le souligne Stefane Fermigier, copresident du Conseil national du logiciel libre (CNLL) : « Avec cet argument, il n’y a jamais rien qui changera. »

Le contexte géopolitique a change, pas les contrats

Ce renouvellement intervient dans un contexte ou les risques ne sont plus théoriques. En mai 2025, Microsoft a supprime le compte e-mail du procureur de la Cour penale internationale sous pression de l’administration Trump. Fin février 2026, Trump a ordonne a toutes les agences federales de cesser d’utiliser Anthropic pour avoir refuse d’ouvrir son IA a l’armee sans restriction.

Les lois extraterritoriales américaines (Cloud Act, FISA) autorisent l’accès aux données stockées et traitées par des entreprises américaines, y compris celles hébergées en Europe. Le ministère assure que ses données sont sur des data centers interministeriels et ne sont « pas exposées a l’extraterritorialite ». Les spécialistes du secteur estiment que le risque n’est pas nul. Et dans le même temps, l’administration elle-même migre ses visioconferences de Teams vers Visio, la solution souveraine de LaSuite, preuve que les alternatives fonctionnent quand la volonte est la.

Le cercle vicieux de la dépendance

Le problème dépasse l’éducation nationale. Le CNLL chiffre a 264 milliards d’euros le montant annuel que les acteurs européens versent aux entreprises technologiques américaines, qui detiennent 80 % du marche. Chaque contrat renouvele renforce la dépendance : Microsoft utilise ces revenus pour améliorer ses services, financer son lobbying et creuser l’écart avec les alternatives.

Pendant ce temps, les solutions souveraines existent. LaSuite, développée par la DINUM en open source, a vocation a remplacer les outils Microsoft dans l’administration. Mais selon les syndicats, « la DNE freine des quatre fers » pour ne pas la déployer. Les alternatives sont prêtes, c’est la volonte politique qui manque.

Ce que les PME peuvent faire, elles

Si même l’état, avec ses millions de postes et ses milliards de budget, n’arrive pas a migrer, comment une PME le pourrait-elle ? C’est la question qu’on nous pose souvent. Notre réponse : c’est en fait plus facile pour une PME que pour un ministère.

Vous n’avez pas un million de postes a migrer. Vous n’avez pas de syndicats, de commissions, de notes interministerielles. Vous avez 10, 50, 200 postes. Et des alternatives qui fonctionnent des aujourd’hui.

OVHcloud et IONOS proposent de l’hébergement souverain à partir de 5 euros par mois. Coolify vous permet de déployer vos outils métier sur un VPS sans ligne de commande. LibreOffice remplace Office. Thunderbird remplace Outlook. Nextcloud remplace OneDrive.

Si vous êtes déjà en réflexion sur votre dépendance SaaS, ce contrat de l’éducation nationale est un rappel : la souveraineté ne viendra pas d’en haut. Elle viendra des entreprises qui décident de l’appliquer a leur échelle.

Notre conviction

Chez LeCollectif, nous accompagnons des PME qui font exactement ce choix : remplacer les solutions propriétaires par des outils sur mesure ou auto-hébergés, reprendre le contrôle de leurs données, et ne plus dépendre d’un fournisseur qui peut changer ses tarifs de 33 % du jour au lendemain.

L’état signera peut-être le prochain contrat Microsoft en 2029. Vous, vous n’êtes pas oblige d’attendre.

Source principale : Mediapart, « L’éducation nationale prolonge son contrat avec Microsoft en depit des risques, et de ses propres consignes », Erwin Canard, 7 mars 2026.

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